Petit tour d’histoire: les œuvres d’arts dans le royaume d’Abomey au Bénin

Les hostilités entre les Français et les Dahoméens ont duré quatre années, soit la totalité du règne de Béhanzin.

À l’heure où l’Europe occidentale se partage l’Afrique de l’Ouest, cet événement s’apparente aux débuts de la conquête coloniale. Le roi se compare alors au « requin en furie qui trouble la barre » ; cette devise lui vaudra un nouveau nom fort qui associe la personne de Béhanzin au requin, notamment dans la déclinaison iconographique de l’art de cour.

De 1890 à 1892, des batailles ont lieu entre l’armée française et les troupes mixtes de Béhanzin, composées d’un tiers de femmes que les Français nomment « les amazones ». Le 17 novembre 1892, sous les ordres du colonel Dodds, les Français entrent à Abomey où les palais royaux, répartis sur quarante-quatre hectares, sont en feu : Béhanzin a déclenché l’incendie avant de prendre le maquis.

C’est probablement dans un immense chaos, entre les flammes et la disparition inquiétante de la cour d’Abomey, que les militaires saisissent une première série d’objets dans les palais, dont trois grandes statues royales et quatre portes que « Béhanzin et ses fidèles […] avaient enfouies dans le sol » (Tomel 1894 : 87). Ils seront donnés six mois plus tard, en 1893, au musée d’Ethnographie du Trocadéro par le colonel Dodds, devenu général. À ces sept objets pris à Abomey s’ajoute un siège royal saisi à Cana, ville où furent inhumés les premiers rois de la dynastie et où les monarques avaient coutume de siéger.

En 1894-1895, après la reddition de Béhanzin, les officiers apportent au musée d’Ethnographie du Trocadéro d’autres objets confisqués au Dahomey, parmi lesquels une statue de fer d’un mètre soixante-cinq données par le capitaine Fonssagrives. D’une incontestable portée politique à leur arrivée, ces artefacts subiront, au fil du temps, un ensemble de transformations liées aux changements idéologiques et aux variations des points de vue esthétiques. L’histoire de leur muséographie relate non seulement l’histoire coloniale et postcoloniale française, mais aussi celle de l’approche scientifique et esthétique de ces objets.

Voici quelques-uns de ces objets:

 

 

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